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21/07/2008

MAURICE - Enlevée, droguée et violée ou fabulations

Elle allègue avoir été violée, à 15 ans, tout en reconnaissant avoir eu, auparavant, des relations avec l'un de ses trois présumés agresseurs. Ces derniers nient en bloc. Qui dit vrai ?


Ils clament leur innocence. Elle maintient que trois hommes l'ont, en 2003, enlevée, droguée et violée. Elle indique, cependant, qu'elle avait déjà eu des relations sexuelles avec l'un des présumés agresseurs

Qui ment, qui dit la vérité ? Hier, la cour intermédiaire a écouté la plaidoirie des deux parties. Le jugement est prévu pour le 28 août.

L'incident remonte au 8 octobre 2003. La victime, alors âgée de 15 ans, allègue qu'elle se trouvait à Mahébourg quand elle a été enlevée par trois hommes âgés de 34, 36 et 41 ans qui l'ont conduite dans un bungalow à Blue-Bay.

Ils lui ont donné à boire quelque chose qui lui a fait tourner la tête. Elle a été ensuite emmenée dans un entrepôt où elle a été «violée, tour à tour, par les trois hommes pendant 15, 30 et 15 minutes respectivement». Elle dit avoir crié mais que personne n'est venu à son aide.

La victime ajoute qu'après son agression sexuelle, ses yeux ont commencé à brûler après la projection d'un «certain liquide». Les trois hommes l'ont alors jetée dans la piscine qui se trouve en face du bungalow. Ne sachant pas nager, elle s'est trouvée en détresse.

Une autre version

Toutefois, un de ses agresseurs s'en est aperçu et l'a retirée de l'eau. Ils ont ensuite téléphoné à un de ses proches pour qu'il vienne la chercher au bungalow.

Une fois rentrée, la victime explique n'avoir rien dit à sa mère du fait qu'elle était complètement désorientée. Ce n'est que quatre jours plus tard qu'elle finit par dénoncer ce qu'elle a subi de la part de ces trois individus.

Les accusés récusent en bloc les allégations de la jeune femme. L'accusé n° 3, convoqué en tant que témoin lors de la séance d'hier, a précisé qu'il travaille comme jardinier au bungalow où s'est produit le viol allégué.

Il a expliqué qu'il vaquait à ses occupations quand l'adolescente, en état d'ivresse, est entrée dans le bungalow. Puis elle en est ressortie pour se jeter dans la piscine. Malgré son insistance, le jardinier dit qu'elle a refusé d'en sortir.

«J'ai eu peur car si jamais mon patron apprenait ce qui s'était passé, cela aurait pu me coûter mon emploi.» Le jardinier a alors demandé à un des coaccusés, chauffeur de taxi, qui se trouvait dans la cour du bungalow de retirer la fille de la piscine.

Lors de leur plaidoirie, les avocats des accusés ont affirmé que la version de la victime est «décousue». «Elle dit avoir griffé l'accusé n° 1 dans le dos mais le rapport du médecin légiste ne relève aucune blessure de la sorte.» De plus, les avocats remarquent que la chronologie des événements présentés par la victime ne corrobore pas celle des autres témoins.

Néanmoins, la représentante du parquet estime que la jeune femme a déposé d'une manière cohérente. «Les faits remontent à 2003 et elle a peut-être oublié certains petits détails mais elle a été consistante lors de son contre-interrogatoire.»

Source: L'Express (Port Louis)

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