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08/07/2008

SENEGAL - Le mort se lève en pleine toilette funèbre et rentre à la maison

Un jeune homme pris pour mort a créé un vif émoi dans un quartier de la banlieue dakaroise en se relevant au moment où, transposé à la morgue d’une mosquée, on s’apprêtait à le mettre dans un linceul, puis en débarquant en compagnie des préposés à sa toilette funèbre chez ses parents trouvés en pleins préparatifs de ses funérailles, rapporte lundi le quotidien l’Office.

L’événement s’est produit le 24 juin dernier, selon le journal qui précise qu’il s’agit d’un jeune paysan de 17 ans, décédé des suites d’une maladie contractée peu après son arrivée à Dakar chez son grand-père, en provenance de Koungheul (Est).

La mort ayant eu lieu nuitamment, la famille d’accueil contacte les notables du quartier et décision fut prise de transporter le jeune homme à la mosquée après la prière de l’aube, histoire de lui faire sa toilette funèbre.

Les derniers fidèles partis aux environs de six heures, deux personnes désignées à ce propos lavent le mort et s’apprêtent à lui passer le linceul quand ce dernier remue la tête, puis se relève ouvrant de grands yeux à l’endroit de ses vis-à-vis qui, note l’Office, ‘’se regardent interloqués, complètement tétanisés’’. Le moment de stupeur passé, ils avertissent les parents qui attendaient au dehors lesquels s’activent dans la surprise la plus totale à trouver des habits décents au ‘’mort’’.

C’est habillé et sous bonne escorte que le jeune homme retourne à la maison qu’il avait quittée quelques heures plus tôt les pieds devant, couché dans une civière. ‘’Les membres de la famille qui s’activaient pour les obsèques sont, de surprise, bouche bée’’, souligne le journal ajoutant que ordre a été donné de cesser ‘’immédiatement’’ les funérailles.

La nouvelle se répand comme une traînée de poudre et l’imam voulant en avoir le cœur net envoie, après la prière de l’après-midi une délégation à l’ex-maison mortuaire où ‘’l’ancien défunt’’ reçoit lui-même les émissaires en serrant à chacun la main.

C’est ‘’sans commentaire’’ que la délégation est repartie rendre compte à l’imam que le mort n’est pas mort, note l’Office, ajoutant enfin que le jeune homme est rentré trois jours après dans son Koungheul natal pour sans doute les travaux champêtres, en ce début d’hivernage.

Source: APS (Sénégal)

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CÔTE D'IVOIRE - Un cercueil "désigne" ses "meurtriers"

Un cercueil "désigne" ses "meurtriers" : Le lynchage entraîne un mort et une personne dans le coma. Dame Manda Dorcas est dans un profond coma, à la suite de la bastonnade de samedi dernier. Horrible est ce qui vient de se passer à Oghlwapo (Alépé). Le cadavre désigne ses "meurtriers", la foule se déchaîne sur ceux-ci.

Une femme, Mme Manda Dorcasse, âgée d'une soixantaine d'années, été lynchée samedi par les habitants de son village. Notamment ceux du quartier Domolon, selon plusieurs témoignages. Trois autres personnes parmi lesquelles deux hommes ont été également battues à sang. Ce sont MM. Ossoukou Raymond, âgé de 76 ans, planteur ; Kodja Djédji, 53 ans, planteur, et Mme Agré Sopie Martine, 73 ans, ménagère. Tous, dans un état très critique, ont été conduits le même jour à l'hôpital général d'Alépé par leurs parents, le corps de la défunte étant à la morgue du même établissement sanitaire. A l'origine, une affaire de sorcellerie. Disons plutôt, une affaire de cercueil. En effet, ces quatre vieillards auraient été désignés par le cercueil de Odi Kélié Hassane comme étant ses meurtriers. Ils l'auraient «bouffé» en sorcellerie. Le défunt en question est le fils de M. Kélié Odi, chef adjoint du village. Odi Kélié Hassane, 27 ans, précédemment étudiant en année de BTS, à Abidjan, y a trouvé la mort, le 21 Juin, des suites d'une courte maladie. Sa dépouille mortelle a été transférée au village (Oghlwapo) vendredi dernier. Une veillée s'en est suivie le même jour, jusqu'au petit matin. Ces «sorciers» qui n'ont aucun lien de parenté avec la famille du défunt, auraient été désignés, juste après la messe de requiem (la population y est majoritairement chrétienne). Précisément, à 11 heures, au moment où, six jeunes gens emmenaient le cercueil vers le corbillard, pour le cimetière. selon des témoignages le cercueil auraient évité le corbillard et foncé dans le village avec ses porteurs. Dame Manda, qui se trouve être la voisine du sous-chef, a été la première à être désignée. Pendant qu'on lui réglait son compte, les porteurs fouillaient dans les cours pour d'éventuels complices de la vieille femme. Ainsi, trois autres seront successivement désignés. Et à chaque fois, les jeunes du quartier auxquels se sont joints des parents de la victime (selon des témoignages), sanctionnaient les coupables du meurtre du fils du sous-chef. Ainsi, à l'aide de cailloux, morceaux de bois, machettes, de pelles, morceaux de brique , ils ont assassiné sur le coup, une des deux femmes ; la première à être désignée. L'autre, dame Agré Martine, considérée comme morte par ses bourreaux, a été abandonnée alors qu'elle avait perdu connaissance. Elle était encore dans un coma profond samedi soir, à l'hôpital d'Alépé. Quant aux deux hommes, l'un d'entre eux, M. Kodja Djédji, a été défiguré par les jeunes déchaînés. Son corps, notamment sa tête, porte des blessures. M. Ossoukou Raymond (c'est le plus lucide parmi les victimes), lui, dit avoir reçu au bas ventre, un violent coup de pied d'un parent du défunt, un certain Lagou Clément. Son urine est mélangée de sang. Une sonde lui a été placée. Alertée par le sous-préfet, la brigade de gendarmerie d'Alépé a dépêché des agents sur les lieux pour un constat.

Casimir Djezou , Envoyé spécial

Une victime témoigne:

"J'ai été battu à tort"

Parmi les quatre victimes des atrocités qui se sont déroulées samedi à Oghlwapo, il y en a une qui a pu nous relater les circonstances de sa bastonnade. Les autres étant dans un état critique. Il s'agit de M. Ossoukou Raymond, âgé de 76 ans. Il a reçu un « violent » coup de pied d'un certain Lagou Clément, dans le bas-ventre. Une sonde lui a été posée à l'hôpital d'Alépé où il a été conduit par ses parents. Selon lui, il a été battu à tort. «Le cercueil ne m'a même pas désigné», affirme-t-il. Avant d'expliquer : «Nous étions nombreux à la place publique, en train de collecter les dons pour la famille éplorée. Subitement, nous avons aperçu le cercueil (porté bien entendu par des jeunes gens) venir vers nous. Tout le monde s'est alors levé. Une fois à notre niveau, le cercueil s'est mis à se dans faufiler la foule. Il ne m'a même pas touché. A ma grande surprise, un des parents du défunt, en la personne de Lagou Clément me prend par le col en me lançant: "C'est vous les vieux-là qui tuez les jeunes non» ! Je n'ai pas eu le temps de répondre qu'il a commencé à me rouer de coups. J'ai riposté en le tapant avec ma canne. Et les gens se sont interposés pour nous calmer. On m'a même aider à quitter les lieux. Mais, n'étant pas satisfait, Lagou Clément m'a suivi et a réussi à me donner un coup de pied dans le bas-ventre. Il a même promis de me tuer, dès qu'il me verra. Malheureusement, je n'ai personne pour me défendre». Mme N'Gninin Odile, fille d'une autre victime (celle qui est dans le coma), elle, indique qu'elle n'a rien à dire. Pour elle, si sa mère meurt, c'est que Dieu l'a rappelée auprès de lui. Elle dit ne pas savoir si sa mère est sorcière ou non. D'autant plus que ce sont des choses mystiques. Tout comme elle, tous les autres parents des victimes se refusent à tout commentaire. Peut-être par peur de représailles.

C. Djezou

Nestor Douon Ouohi (sous-préfet)

"Il nous faut une brigade de gendarmerie"

La sous-préfecture d'Oghlwapo, dans le département d'Alépé, est une zone véritablement confligène. Selon M. Nestor Douon Ouohi , le sous-préfet, les villages M'Batto ou Gwa sont constamment en conflit. Soit avec leurs voisins (Abouré ou Akyé), soit entre eux-mêmes. Et, ces conflits finissent toujours par des agressions et assassinats. Au point que les fêtes de génération ont disparu. Attitude qui, dira le sous-préfet, est en contradiction avec leur religion. Car c'est un peuple essentiellement chrétien. «A Oghlwapo par exemple, il y a au moins un prêtre par famille», a indiqué, samedi, M. Nestor Douon Ouohi. C'est pourquoi le sous-préfet souhaite que soit ouverte dans le chef lieu de sous-préfecture, une brigade de gendarmerie, afin de dissuader les esprits malsains et de protéger les populations. Revenant sur les faits de samedi (l'assassinat d'une dame et la bastonnade de trois autres), le sous-préfet a indiqué qu'il a demandé, dès son arrivée dans la localité l'an dernier, à travers une circulaire, que la pratique du «port de cercueil» soit supprimée.

C. Djezou

-Le chef adjoint décline toute responsabilité

Notre surprise fut grande samedi, face à la réaction du chef adjoint du village de Oghlwapo, M. Kélié Odi, père de Odi Kélié, l'étudiant dont la mort est à la base de la barbarie. En effet, le chef adjoint, qui, par ailleurs assure l'intérim du chef, absent, dit ne pas être informé de l'assassinat d'une personne, sa voisine de surcroît, et des atrocités dont ont été victimes trois autres, pour avoir «bouffé» son fils. En dépit de toutes nos interrogations, M. Kelié, ses enfants ainsi que d'autres parents venus le soutenir, sont restés sur leur position. En soutenant mordicus n'être au courant de rien. En revanche, ils reconnaissent avoir perdu un des leurs dont l'enterrement vient de se faire. Le chef indique qu'il était dans la maison au moment où «les gens» emmenaient le corps au cimetière, conformément à la tradition. Et comme pour se ridiculiser, il y en a qui affirment même qu'ils viennent d'arriver. Alors que selon des témoins qui ont préféré garder l'anonymat, ils ne seraient pas du tout étrangers à tout ce qui s'est passé samedi. Au regard de cet imbroglio, (on peut qualifier la situation ainsi) on est fondé à s'interroger sur les vraies raisons de l'assassinat de dame Manda, la voisine du chef adjoint, et de la bastonnade des trois autres. Qui, rappelons-le, ne font pas partie de la famille Kélié. Même les porteurs du cercueil étaient introuvables dans le village pendant tout le temps que nous y avons passé (environ 4 heures). Où, personne ne veut en parler, encore moins assumer quoi que ce soit. Toutefois, M. Kélié Odi rappellera qu'Odi Kélié est son deuxième enfant sur douze qu'il perd en moins d'un an. Et qu'en plus, outre son fils décédé le 21 juin, il a perdu un cousin dans le même village, le 22 juin. Il n'en dira pas plus.

Source: Fraternité Matin (Abidjan)

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03/07/2008

FRANCE - Une succession peu fraternelle au Grand Orient


Qui sera élu grand maître de la première obédience française ? Deux candidats s'affrontent dans une lutte d'hommes et de rites où tous les coups sont permis.
" Cette guerre des rites est intolérable!" Et Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient de France (GO), 55 ans, d'ajouter: "Ma succession est difficile." La première obédience française, avec 48 000 frères, se transforme en pétaudière, avec ses coups bas, ses intrigues et ses accusations les plus infâmes.

"Attaque frontale d'antisémitisme"

L'élection du nouveau grand maître aura lieu le 4 septembre, en marge du convent de Lyon, par les 35 conseillers de l'ordre. L'affrontement prend la forme d'un duel entre le Marseillais Pierre Lambicchi, cardiologue libéral de 59 ans, et le Toulousain Jean-Paul Bouche, avocat de 52 ans.

Si Lambicchi est socialiste, Bouche se dit radical de gauche, mais a soutenu Jean-Luc Moudenc (UMP) aux dernières législatives. Le premier pratique le rite français (RF) ; le second, le rite écossais ancien et accepté (REAA). Deux systèmes de règles qui ont leur propre hiérarchie.

Avant le 14 juin, Jean-Paul Bouche n'était pas le candidat favori des "écossais", qui lui préféraient le chirurgien messin Yves Jacob, ancien grand secrétaire aux affaires extérieures du GO. Mais celui-ci a été éliminé dès l'épreuve du congrès régional.

Trois jours avant le vote, un libelle anonyme était arrivé dans la boîte aux lettres des "frères" : "Nous avons connu le complot judéo-maçonnique. Nous découvrons aujourd'hui le soutien judéo-écossais, puisque les frères de confession juive sont sollicités pour soutenir [la] candidature [d'Yves Jacob]." "Jusqu'à ce jour, j'avais échappé à une telle attaque frontale d'antisémitisme", écrit l'intéressé dans un message à ses frères.

Sexiste le Grand Orient?

Il est vigoureusement soutenu par l'ancien "très puissant souverain grand commandeur" du suprême conseil du REAA, Alain de Keghel. "Je vais saisir la Halde [Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité]", annonce celui-ci.

Révolté que son candidat, Yves Jacob, ait été éliminé, Keghel appuie Jean-Paul Bouche et se lance dans une croisade. "Tout sauf Lambicchi !" "Il représente tout ce que je dénonce: la perte de repères maçonniques, un clanisme singulier qui exclut la liberté absolue de conscience, la volonté de faire du GO une obédience repliée sur le rite français", assène Keghel.

Son homologue du rite français, Jacques-Georges Plumet, "très sage et parfait grand vénérable" du Grand Chapitre général du GO, soutient, au contraire, que, "si Lambicchi est élu, il voudra montrer son indépendance à l'égard du rite français."

L'ancien diplomate Alain de Keghel, désormais sans langue de bois, accuse aussi l'ex-grand maître du GO Philippe Guglielmi de mettre ses réseaux au service de Lambicchi. "Que les anciens grands maîtres favorisent tel ou tel candidat, c'est normal", réplique Quillardet.

Il est vrai que Guglielmi ne s'en prive pas. Le 17 juin, il a réuni les conseillers parisiens de l'ordre afin de leur indiquer le bon choix. Celui de Lambicchi. Il y a deux mois, il a déjeuné avec Jean-Michel Quillardet, l'ancien grand maître Bernard Brandmeyer et Jean-Paul Bouche. Quillardet et Guglielmi, le premier étant toujours l'avocat du second, ont incité Bouche à différer sa candidature à la grande maîtrise "dans l'intérêt de l'obédience"!

Lambicchi-Bouche, RF contre REAA ?

Jacob éliminé, bien des "écossais" se sont décidés à soutenir Bouche, même si Keghel confie qu'il "n'est pas un parangon de vertu". Premier grand maître adjoint pour l'année 2004-2005, Bouche avait qualifié de "rapport de qualité" une étude juridique payée 42 208 euros par le GO et que beaucoup trouvaient indigente. Cela lui a valu d'être entendu près de trois heures par la brigade financière de Paris.

Aujourd'hui, il regrette, dit-il, d'avoir présenté au GO l'auteur du rapport, une ex-clerc de notaire toulousaine avec laquelle il affirme avoir coupé les ponts.

Plus embarrassant pour lui, les frères de la Ville rose se transmettent discrètement une ordonnance de référé du tribunal d'instance de Saint- Gaudens (Haute-Garonne) qui condamne Jean-Paul Bouche à payer 6 915,80 euros pour des arriérés de loyers. Le propriétaire estime aujourd'hui la dette à 15000 euros. Dans un courrier du 30 janvier 2008, un huissier toulousain indique qu'il n'a reçu "que des menaces et des insultes" en lui présentant "le commandement de payer aux fins de saisie immobilière". "Un torchon à classer verticalement", réagit Me Bouche. Il ne conteste pas sa dette, mais qualifie cette affaire de "privée" et affirme que son bâtonnier le soutient.

Le duel Lambicchi-Bouche est-il gagné d'avance pour le premier, soutenu par l'establishment franc-maçon? Guglielmi assure que Lambicchi aura les voix de 24 conseillers de l'ordre. Bouche jure qu'il en aura au moins 19 et conseille à son adversaire d'"apprendre à compter." Il n'y a en effet que 35 électeurs !

Quel que soit le vainqueur, il aura à régler l'épineux dossier de la mixité. Le 5 juillet, cinq loges du GO devraient être suspendues pour avoir osé initier des femmes, il y a quelques semaines, dans cette obédience d'hommes. Le convent de septembre risque fort, à nouveau, de ne pas reconnaître la liberté des loges d'initier des femmes. Les avant-gardistes pourraient alors faire condamner la Rue Cadet par la justice profane pour discrimination. Laquelle apparaîtrait, du coup, encore plus ringarde.

Source: L'Express (France)

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02/07/2008

MALI - Le Don Juan et la dame aux sabots

Cette anecdote est certainement connue par bien des Maliens. Mais nous la relation pour mettre en évidence le risque que comporte l’imprudence qui confine à la témérité.

Nous sommes aux premières heures des années 1970-80. peut-être moins qu’aujourd’hui, la Capitale regorgeait d’endroits dits hantés ou mal famés. Tel cet axe longeant le fleuve et passant par la Maison des Jeunes, l’Ecole Normale Supérieure (ENSUP) et l’hôtel Azalaï-Salam. Une voie qui, à partir de 22 heures, sonnait le glas... du sens interdit.

Pire, ces parages, c’était la bête noire des passants retardataires et autres noctambules invétérés. Parvenu à cet endroit, l’automobiliste, rongé par une touille indéfinissable, appuyait inconsciemment sur le champignon, au risque de déraper et s’abîmer dans le décor.

Quant au motocycliste, avant de s’engager sur cette voie, il procédait, au préalable, à une révision complète de son moteur. Et une fois arrivé là, il mettait tous les gaz, quitte à attraper, par la suite, une courbature ou un toticolis. C’est dire que ces lieux suscitaient une véritable terreur, surtout chez les piétons. Et nul n’osait s’y aventurer, sauf contraint et forcé, tel un veau qu’on mène à l’abattoir.

Le boulevard des “djins “

Ainsi, de versions les plus nuancées et romancées en assertions les plus fantaisistes et loufoques, en passant par des témoignages les plus incroyables, ces lieux ont fini par parfaire leur mauvaise réputation. Et les appellations et autres surnoms les plus démoniaques -le tout assaisonné de fortes doses de “piment et d’ail" - ont fini par coller à ces lieux, se répandant à travers la ville comme un mot de passe : le boulevard des djins ou des diables, l’avenue des gnomes, elfes et nymphes, le rendez-vous des fous, fées et feux follets...

Mais ces lieux étaient le point de rencontre des brigands et autres mmalfrats, ceux qu’on appelle les “Jean-sans-peur”, les “trompe-la-mort”, et surtout, les Don Juan. Bref, des partisans du risque et du casse-pipe, pour qui peu importent les rations de danger, pourvu qu’ils aient leurs sensations fortes.

Une “proie” pour les imprudents

C’est qu’auparavant, cet endroit n’était ni peuplé, ni bien fréquenté, ni même assez éclairé. Entre l’ENSUP et l’actuel CICB (ex-Palais des Congrès), ce côté du fleuve n’abritait que de petits jardins et quelques touffes éparses de buissons : autant dire que c’était presque le vide.

Pourtant, aux dires de certains noctambules qui se prétendaient témoins, c’est précisément à cet endroit qu’à une heure tardive et indue se plantait une belle et mystérieuse créature vêtue d’une longue robe blanche qui lui traînait jusqu’aux pieds.

Comme la rumeur, sur son compte, avait fait le tour de la ville, les passants, déjà avertis et sur leur garde, l’ignoraient et passaient leur chemin, sans jeter un regard sur elle. Le plus surprenant et douteux, c’est que la créature restait là, droite comme un pieu, immobile comme une statue, muette comme une tombe.

Aussi, en dépit de sa beauté surhumaine, son attitude ne suscitait que de la méfiance, et pour cause : de cette “apparition” se dégageait une forte “odeur” de.. danger. Mais pour un imprudent perverti, elle constituait plutôt une aubaine auprès de laquelle il faudrait tenter sa chance.

C’est donc ce que fit ce Don Juan (appelons-le A.D.) qui, une nuit qu’il était “en manque” de compagnie féminine, décida le courir le guilledou et tenter le diable, disons plutôt... la diablesse. Sapé à mort et juché sur sa guêpe (l’Italien l’appelle Vespa, une moto en vogue, à l’époque), A.D., qui roulait à tombeau ouvert, venant du côté de Djicoroni-Para, attaqua la fameuse voie : il était 4 heures passées du matin.

Arrivé au niveau du lieu dit, A.D. tomba nez à nez (pourrait-on dire) sur la sirène plantée à son poste habituel, et freina sec à son niveau. A.D. c’était le genre play-boy qui n’éprouvait ni peur ni complexe, encore moins avoir froid aux yeux, dès qu’il s’agit de faire des avances à une fille. Tout ce qu’il craignait à cet instant précis, c’était de voir son dessein inassouvi : il tenait à embarquer l’inconnue.

Il commenca donc à “dialoguer” ferme, comme on dit. Mais malgré ses questions et ses suggestions, la belle sirène ne pipait mot : elle restait aussi silencieuse qu’une tombe dans un cimetière. Et ce pléonasme gratuit devait alerter notre don Juan et le mettre en garde. Mais lorsque la déraison des sens prend... les dessous (excusez du trop), la raison de la prudence perd le dessus.

“Toron ba la !”

Enhardi par le mutisme de la “dame”, A.D. prit du poil de la bête et l’invita à grimper sur son char (moto) : elle obéit illico, comme si elle n’attendait que ça. Ravi de cette aubaine si inespérée, A.D. démarra en trombe. Les mandarines (seins) de sa conquête titillaient son dos, et son immense postérieur couvrait tout l’arrière de la Vespa.

Il n’en fallait pas plus pour donner des ailes au conducteur, pressé qu’il était de “consommer” sa proie au plus vite. Mais qui disait donc qu’on ne remarque jamais les orielles de... l’ânesse lorsque sa ruade vous flamque par terre?..

A ce moment, chez A.D., c’est plutôt... l’imprudence qui était mère de sûreté. Il se mit donc à siffloter de ravissement, voire de bonheur, en pensant à sa “chance” d’être tombé sur une fille aussi consentante. Pendant qu’il roulait ainsi à une allure guillerette, son regard tomba par inadvertance sur le pose-pied de la Vespa. Il aperçut bien ses souliers à lui. Mais que vit-il à côtés de ses souliers? Une jambe terminée... par un sabot, comme celui d’une jument !...

Incrédule, il s’essuya les yeux d’une main et regarda de l’autre côté de la Vespa : là aussi, une jambe humaine terminée par un sabot de cheval ! Du coup, A.D. fit effectuer un soubressant à son engin, qui faillit les envoyer tous deux dans le décor. Quant à sa compagne, elle demeurait toujours muette : pas un seul mot ! Pourtant, elle restait toujours collée à A.D., et le souffle de sa respiration lui ravageait le cou.

Dès lors, A.D. ne voyait, ne sentait et n’entendait plus rien. Sa cervelle commença à bouillir, et il se mit à divaguer. En fait, il ne contrôlait plus ni sa moto, ni la situation : c’est comme si une force invisible pilotait la Vespa et entrainaît ses occupants pour une randonnée sans destination.

A.D. voulut freiner sa Vespa... qui refusa d’obéir. Il voulut sauter de l’engin pour s’enfuir. Pas moyen : il semblait collé à l’engin, comme s’il était conçu avec. Pourtant, la “jument” était toujours là, derrière, rivée à lui comme de la glue, toujours inerte et muette. Alors, A.D. se mit subitement... à rire et à déclamer : “Hi, hi ! Toron bala, toron ba là ! Hé, toron ba la ! ” (Elle a des sabots ! Elle a des sabots !”...

La rançon de l’imprudence

Tout le reste de la nuit, A.D. déambula sans but à travers les rues finalement désertes de la ville, sous l’effet de l’envoûtement de son désormais indésirable fardeau toujours arrimé dans son dos. Aux premières heures du jour, il tomba évanoui dans un caniveau ; et sa Vespa se renversa au bord de la route. Sa diablesse de compagnie avait déjà disparu... de la circulation (c’est le cas de le dire), sans que A.D. ne s’en rendît compte, et pour cause.

Depuis lors, l’imprudent cavaleur n’a plus été le même. Et ni les soins occultes, ni les traitements psychiatriques qu’on lui avait administrés n’ont pu venir à bout de son délire, encore moins l’en guérir A.D. était tout simplement devenu gaga, un attardé mental incurable.

Pourtant, ceux qui furent témoins ou au fait du drame d’A.D. ont soutenu qu’il avait, malgré tout, eu... de la chance. Car, selon eux, la diablesse n’avait pas pour habitude de laisser ses victimes en vie. Toujours est-il que la malchance d’A.D., c’est de n’avoir pas appris qu’il y a des gibiers qu’on ne chasse pas impunément. Les vrais chasseurs, eux, le savent.

Source: Maliweb (Mali)

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27/06/2008

MALI - Quand un python terrorise les habitants d'ATTBougou : La famille Kalilou Touré abandonne la concession au profit du gros reptile


Cela fait quelques années, selon certaines sources, qu’un gros python, long de plus de deux mètres, se signale, de temps en temps, par ses apparitions aux 1008 logements d’ATT Bougou. Mais, depuis le 9 juin, le reptile a carrément élu domicile au lot 449, obligeant ainsi ses occupants d’abandonner les lieux. C’est une équipe de la Protection civile qui est venue, le lundi dernier, mettre fin à ses quinze jours d’occupation illicite.

C'était, dans la nuit du 9 au 10 juin, que le gigantesque reptile s'était tout d'abord signalé dans les toilettes du lot 449, occupé par un certain Kalilou Touré.

La malencontreuse rencontre entre le python et un membre de la famille donna lieu à la mobilisation de tous les occupants du lot pour la recherche du serpent. Comme par miracle, le python resta introuvable. Pour les uns, le serpent serait déjà rentré d'où il est venu mais pour les superstitieux et les femmes sa disparition n'était guère rassurante.

Quelques jours après, le python s'est à nouveau signalé dans les toilettes et, cette fois-ci, Kalilou a pris la peine d'utiliser un désinfectant pour chasser le reptile. Alors qu'il était sûr que la bête ne viendrait plus troubler la sérénité de la famille, Kalilou découvrit que celle-ci avait tout simplement changé de place.

Et dès lors, le python qui était au départ moins voyant ne se cachait plus et régnait maintenant en maître des lieux. Le serpent était présent dans tous les recoins de la concession : on le rencontrait dans la cour, dans les toilettes et aussi en train de se prélasser dans un lit et quelque fois dans un fauteuil du salon. N'en pouvant plus, Kalilou et toute sa famille abandonnèrent la maison en catastrophe pour aller se réfugier chez des voisins.

Le lundi denier, quinze jours après que le python eut élu domicile chez lui, Kalilou est allé alerter la Protection civile.

Une équipe des éléments de la brigade de sapeurs-pompiers de Sogoniko est descendue sur les lieux. Kalilou, la mort dans l'âme, est venu leur montrer le coin où le fameux python était censé se trouver.

Les soldats du feu ont aussitôt exécuté une fouille systématique des lieux, mais le serpent était introuvable. C'est plutôt dans le salon qu'ils découvrirent, enfin, l'effrayante bête. Celle-ci se trouvait sous le canapé. Les sapeurs-pompiers durent utiliser le matériel de déblai pour l'y déloger avant de le tuer.

Source: L'Indépendant

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